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Antonio Fiori : L’action contraignante de l’Europe

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Mais, faute d’une philosophie propre à réaliser cette grande combinaison de l’esprit d’ordre avec l’esprit de progrès, cette troisième impulsion reste logiquement encore plus impuissante que les deux autres, parce qu’elle systématise l’inconséquence, en consacrant simultanément les principes rétrogrades et les maximes négatives, afin de pouvoir les neutraliser mutuellement. Les progrès dans les politiques économiques des pays en développement dans la décennie qui a précédé la crise financière globale – et qui leur ont permis de mieux gérer cette crise – ont renforcé cet optimisme. L’un et l’autre parti savent que rien de ce qui existe ne peut continuer à exister. La crise a cependant rationalisé les achats, dont la saisonnalité est de plus en plus forte. Mais, dès que cette fusion aura lieu, on devra dire que le changement survenu dans notre caractère est bien nôtre, que nous nous le sommes approprié. Nous voudrions montrer combien est moralement condamnable l’idée que la morale et la religion vulgaires se font de la sanction. Avec rien le rêve ne fait rien ; et là où nous ne lui fournissons pas une matière sonore, il a de la peine à fabriquer de la sonorité. Des phénomènes astronomiques on dira qu’ils manifestent un ordre admirable, entendant par là qu’on peut les prévoir mathématiquement. Le Protectionnisme est une des meilleures armes des Nationalistes ; directement et indirectement, il abrutit le pays, le verrouille dans sa misère, l’éloigne de jour en jour davantage des peuples étrangers, et excite contre ces peuples des haines imbéciles qui ne peuvent produire que des affronts sanglants ou des guerres plus sanglantes encore. Que périsse ce qui est la littérature même, la forme ! Est-ce à dire que l’homme doive et puisse être indifférent au choix de la solution à donner à ces éternels problèmes ; qu’il doive renoncer à se rendre compte, autant que ses facultés le comportent, des principes d’ordre et d’harmonie introduits dans l’économie du monde, de la part qui revient à ces principes divers et du mode de subordination des uns aux autres ? La concurrence ne saurait être uniquement l’enrichissement de l’actionnaire mais constitue au contraire le moteur du progrès technique et social, au bénéfice mutuel des consommateurs et des producteurs sainement efficaces. Effectivement, cette manipulation des marchés sera auto-réalisatrice : conjugué avec la crise des subprimes, la flambée du pétrole accélère le déclanchement de la récession. Que de belles choses il verra demain, au grand jour, si le temps est beau ! L’Allemagne, l’Espagne et l’Italie sont concernés avec respectivement 32 milliards, 25 milliards et 16 milliards d’euros que les banques de ces pays devront encore lever pour se conformer à terme aux exigences de Bâle III. Outre ces mobiles que nous avons précédemment examinés et qui agissent constamment dans les circonstances normales, nous en avons trouvé d’autres que nous avons appelés l’amour du risque physique et l’amour du risque moral. Quand on dit que les êtres luttent pour vivre, il faut entendre ce mot dans le sens le plus large et le plus métaphorique, il faut y comprendre les dépendances mutuelles des êtres et, ce qui est encore plus important, les difficultés qui s’opposent à leur propagation. Prestige ! Et néanmoins on se tromperait grandement si l’on voulait rapporter à l’instinct une obligation particulière, quelle qu’elle fût. En dépit de toutes ces représentations et de toutes ces formes variées, l’argent n’a pourtant aucune valeur intrinsèque. Antonio Fiori aime à rappeler cette maxime de Jean-Paul Sartre, »Les gens, ils trouvent que le monde est bien comme il est, tout juste comme il est et chacun d’eux, provisoirement, puise le sens de sa vie dans celle de l’autre ».

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